QUI SE CACHE DANS LA FORÊT DERRIÈRE L’ARBRE “CÉSIUM“ ? Un exemple : le CERIUM 144.    Janvier 2017.         par le Dr A.BEHAR

 

Il existe une montagne de publications scientifiques et autres sur le radionucléide “CÉSIUM 137”. Il n’est pourtant qu’un parmi les centaines d’isotopes produits, et pas le plus toxique, lors d’une explosion atomique ou dans les rejets des centrales nucléaires. De fait, tout se passe comme si le césium 137 n’est “ qu’un arbre qui cache la forêt“.

Les raisons pragmatiques ne manquent pas eu égard à sa très facile détection avec son émission gamma de 662 KeV, sa demi vie idéale de 30 ans, ce qui laisse le temps de le trouver, son extraordinaire mobilité dans le sol et l’eau et son incorporation remarquable dans les végétaux comme les champignons. Il a donc tout pour plaire d’où son éligibilité comme témoin de la radio contamination. Mais pour nous médecins cela ne nous satisfait pas car il n’est pas aussi abondant que le strontium 90 bien plus dangereux avec sa fixation longue sur les os, et surtout il éclipse les centaines de radiotoxiques autrement plus redoutables (comme le plutonium, l’américium, etc.).

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DÉCHETS NUCLÉAIRES ET SANTÉ : RETOUR AUX FONDAMENTAUX.

Par A.BEHAR

 

RÉSUMÉ : Les déchets nucléaires, quelque soient leurs étiquetages, sont en constante augmentation, surtout ceux dits de faible activité mais à vie longue. Ils passeront à 2,7 millions de m3 en 2030 et dépasseront largement les 2 Kg actuel par habitant et par an. La contamination interne des humains par accident ou par rejet légaux, en est la conséquence majeure sur la santé. Pour mesurer cette contamination on utilise un standard universel appelé « facteur de dose“ qui permet de traduire une “activité radioactive“ exprimée en Becquerels en “dose engagée“ en milli Sieverts. Cette mécanique occulte les effets biologiques de cette contamination surtout en cas de contamination multiple (ce qui est le cas le plus fréquent) et en cas de portes d’entrée multiples, car elle conduit à une simple addition et non à une prise en compte élément par élément, des dégâts pour nos organes. Enfin, on ne tient aucun compte de la prédisposition individuelle à la cancérogénèse, autrement dit de l’existence de groupes à risques. Parler des déchets radioactifs en termes quantitatifs ou physiques ne suffit pas, c’est en terme d’effet sur notre santé qu’il faut les appréhender, donc avec un thermomètre qui ne peut être universel, mais au contraire doit se situer au plus prêt de notre réalité biologique.

Pourquoi Médecine et Guerre Nucléaire revient sur ce sujet ? Pour dire que ces déchets continuent à augmenter ? Que le rapport de la haute autorité de transparence, l’HCTISN, de 2012 aggrave encore les conclusions de 2010 (1), que la quantité de déchets radioactifs finaux, dépassent les 2 Kg par habitant et par an ? Le stock de déchets radioactifs que devra gérer la France à l'horizon 2030 avoisinera 2,7 millions de m3. Deux fois plus qu'à la fin de l'année 2010, selon l’ANDRA.

Il est bon de rappeler cette réalité, mais surtout il est nécessaire d’expliquer le lien avec la santé publique, et très précisément comment on évalue le détriment pour notre organisme secondaire à la contamination interne par ces radionucléides, et quelles sont les dérives actuelles de ce délicat exercice qui transforme les Becquerels mesurant l’activité des déchets en Sieverts mesurant les doses engagées dans notre corps. Mais d’abord :

D’où viennent les déchets nucléaires?

Avant même  l’existence des centrales nucléaires, ces déchets étaient le produit de la mise en place puis de la multiplication des armes nucléaires. Depuis les sources militaires se sont diversifiées en produisant d’autres déchets en plus, liés à la maintenance des ogives atomiques comme à VALDUC. D’autres activités ont encore engendré une augmentation de ceux-ci dans les 29 installations nucléaires de base secrètes (INBS), comme le stockage de combustible usé, des réacteurs en voie de déclassement, etc.…

L’exploitation civile de la radioactivité reste néanmoins la source principale de ces déchets avec au premier rang les centrales nucléaire. Il nous faut d’abord rappeler ici le “cycle” ou plus exactement la chaine de l’utilisation de l’uranium décrite par l’ACRO de la mine à l’entreposage (2). L’uranium naturel, essentiellement importé d’Afrique (Niger, Tchad, Nigeria, pas un gramme n’est extrait du sol français), est pour l’essentiel de l’uranium 238 avec 0,7% d’uranium 235, ce dernier est  le seul utile puisque le seul fissile (figure 1). Nous avons déjà décrit dans cette revue les techniques d’enrichissement (voir le site “amfpgn.com”) au taux de 3,5 à 5%, pour le civil, et pour l’armement nucléaire au taux de 85 à 90%.

Une petite partie est prélevée pour faire du MOX, c’est-à-dire mélanger 91,5% d’oxyde d’uranium appauvri avec 8,5% de plutonium, pour alimenter 22 réacteurs sur 58. Les autres réacteurs produisent un combustible usé  constitué d’un peu de plutonium et de divers autres radionucléides et surtout de l’uranium 238 avec 0,8 à 0,9% d’uranium 235. Après retraitement cet uranium ne porte pas le nom d’uranium appauvri, mais “uranium de retraitement”, il ne constitue pas non plus un déchet! En 2012, sur les 283 600 tonnes d’Uranium appauvri, 25 900 tonnes seulement ont été recyclées.

Finalement, qui a le droit de s’appeler “déchets de haute activité”? Le combustible usé après une seule utilisation pour le MOX et l’uranium ré enrichi, et après un deuxième tour pour l’uranium enrichi standard (les déchets secondaires à une première utilisation sont retraités à LA HAGUE). Pour lire l'article, télécharger le fichier ci-dessus.

 

LES DÉCHETS NUCLÉAIRES D'ASSE en Allemagne

 

LES DÉCHETS NUCLÉAIRES D'ASSE en Allemagne, retournent  à la surface.       

 

Par CLAIRE VAILLE (La gazette nucléaire, Mars 2010)

 

 

L'office fédéral pour la radioprotection et la sûreté nucléaire (BfS), actuel propriétaire de la mine de sel épuisée Asse II (Basse-Saxe), a décidé de ramener à la surface les 126.000 fûts de déchets nucléaires qu'elle contient. La récupération des fûts devrait durer une dizaine d'années, et coûter au moins 2 milliards d'euros, selon une estimation du président du BfS, Wolfram Kônig. NordbertRôttgen, Ministre fédéral de l'environnement, soutient cette décision.

 

 

Depuis janvier 2009, le puits d'Asse II, officiellement considéré comme un centre de recherche, et ayant servi de facto au stockage de déchets à faible et moyenne activité (FMA) entre 1967 et 1978, est désormais considéré comme un centre de stockage définitif de déchets radioactifs et dépend donc du droit nucléaire (et non plus minier), sous la responsabilité du BfS.

L'état géologique de la mine pose des problèmes de taille aux experts. En effet, depuis des années 12.000 litres d'eau saumâtre s'infiltrent quotidiennement dans les galeries. Actuellement, I'eau est collectée et évacuée du puits. Cependant, si la quantité d'eau infiltrée venait à augmenter - hypothèse que les experts n'excluent pas - la mine et ses déchets radioactifs pourraient être noyés. Par ailleurs, certaines cavités n'ont pas été correctement remblayées à l'époque de l'évacuation du sel, et sont menacées par un danger d'écroulement. Ainsi, la fermeture du puits est soumise à une forte pression temporelle : il n'est pas envisageable de tenter une solution, et de vérifier dix ans plus tard si elle est appropriée.

Le BfS a, depuis janvier 2009, examiné 3 solutions pour la fermeture du site, aucune n'étant optimale, selon Wolfram Kônig. L'option de récupération des  déchets envisagée actuellement pourrait garantir une sécurité à long terme, exigée par l'état actuel de la loi atomique. Les autres options consisteraient en un déplacement des déchets dans des couches plus profondes de la mine (solution viable à long terme, mais plus coûteuse, longue à appliquer et comportant le risque de ne pas trouver de site approprié) ou un remplissage de la mine par du béton et une solution basique de chlorure de magnésium (solution plus rapide et facile à mettre en oeuvre, car évitant un déplacement des déchets radioactifs, mais ne garantissant pas une sécurité suffisante à long terme, à cause des dégagements radioactifs possibles).

Cependant, les risques liés à l'option de récupération des fûts ne sont pas nuls:  dans un premier temps, il faut vérifier que les déchets radioactifs stockés dans des chambres scellées à 5ll et 750 m de profondeur dans des conditions extrêmement douteuses peuvent être effectivement entièrement récupérés.

 

La fermeture du site est compliquée par 2 facteurs inconnus: le contenu des fûts et leur état. Il est en effet impossible d'estimer exactement quels déchets sont contenus dans la mine et dans quelle quantité: à côté des déchets liés à I'activité des centres de recherche nucléaire (Karlsruhe, Jùlich) et des centrales nucléaires, les chambres contiendraient 28 kg de plutonium, ainsi que de I'arsenic, du plomb, des pesticides et même des cadavres d'animaux.

Lors de la fermeture du site, les cavités vidées de leurs fûts devraient être remplies de béton, afin de stabiliser la mine. Par ailleurs, l'état des fûts est inconnu. Ainsi, seules certaines chambres de stockage devraient être ouvertes dans un premier temps, afin de récupérer entre 1.000 et 3.000 fûts, sur lesquels le BfS souhaite effectuer des essais et mesurer la réactivité. Si les conteneurs s'avéraient être en plus mauvais état que prévu, leur récupération pourrait être remise en question et d'autres options à nouveau considérées.

Suite à la récupération des fûts, un stockage en surface provisoire des déchets sur le terrain de la mine sera nécessaire, pour tester et traiter les déchets avant de les envoyer dans un site de stockage définitif. Cela représente une dose d'irradiation  supplémentaire pour le personnel qui devra ainsi manier les déchets, mais qui selon Wolfram Kônig demeurerait en des- sous des limites de sécurité. En effet, le BfS estime la dose d'irradiation totale à 900 mSv/an, répartie entre les travailleurs, dont chacun ne recevrait donc qu'une dose bien inférieure à la limite de 20 mSv/an. Une grande partie des travaux devrait être menée par des machines automatiques et dirigée à distance. De plus, toute exposition des riverains serait exclue.

 

Pendant la planification de la récupération des fûts, le BfS mènera des travaux de stabilisation de la mine. Depuis des mois, les cavités ne contenant pas de déchets sont scellées. Pour le stockage des déchets en provenance d'Asse, le BfS examine la possibilité d'exploiter I'ancienne mine de fer de Konrad à Salzgitter (à 20 km de Asse), qu'il aménage actuellement en site de stockage définitif pour des déchets FMA. Toutefois, l'agrément concernant Konrad ne s'applique qu'à un maximum de 303.000 m3 de déchets. Or le volume des déchets en provenance d'Asse dépasse 100.000 m3. ce qui laisserait peu de place pour une prise en charge des déchets nucléaires jusqu'en 2040. Comme il est prévu, la capacité d'accueil de Konrad devrait être reconsidérée.

 

La prise en charge des coûts massifs demeure encore incertaine: I'ex-ministre de l'environnement et actuel chef du SPD Sigmar Gabriel brigue une participation des responsables du < scandale d'Asse >, en particulier les propriétaires des centrales nucléaires, à l'origine de deux tiers des déchets d'Asse.